17 Juillet 2018

Opinion - "Revoir la campagne électorale tant qu’il en est encore temps…"

La Belgique s’apprête à vivre une longue, très longue période de campagnes électorales. Avec les élections communales en octobre prochain et les élections fédérales, régionales et européennes en mai 2019, le sujet « élection » est sur le point d’envahir le commun du citoyen belge. Les affiches électorales vont petit à petit repeindre nos rues, les tracts conquérir nos marchés et boîtes aux lettres, et les débats politiques capturer nos médias. C’est le moment où jamais de repenser et poser un regard critique sur la manière dont se déroule la campagne électorale.

Un système institutionnel complexe


Alors qu’on est sur le point d’obliger le belge à se rendre aux urnes pour voter 4 fois pour 4 niveaux de pouvoirs différents, il est bon de se demander si le système lui permet réellement de comprendre tous les tenants et aboutissants d’un tel acte.


Le système institutionnel belge est un véritable casse-tête chinois. Communes, provinces, régions, communautés, Etat fédéral, Union Européenne… et mon vote il va où dans tout cela ? Dans un pays où le vote est obligatoire, l’Etat devrait permettre à tous les citoyens d’avoir un minimum de connaissance sur nos institutions et leurs fonctionnements. Alors avant de placarder nos rues d’affiches, il serait bon d’informer le citoyen sur les raisons pour lesquelles elles s’y trouvent.

Un système peu respectueux de l’environnement


En 2012, plus de 60 000 candidats se sont présentés aux élections communales. 60 000 candidats qui impriment chacun 5 affiches (sachant que certains en impriment beaucoup plus), cela donne 300 000 affiches. Si chaque candidat décide de distribuer 20 tracts, cela nous fait 1 200 000 tracts. Si l’on tient compte de l’environnement, on se doit de réfléchir au coût environnemental d’un tel système. Sans compter qu’au lendemain du 14 octobre, ces affiches finiront vite à la décharge pour être remplacées par de nouvelles… En attendant, c’est l’environnement qui en pâti…

L’information sur les candidats


Admettons que le citoyen comprenne la complexité de nos institutions, il faut aussi qu’il puisse connaitre le programme de celui ou celle à qui il va accorder sa voix pour le représenter.


Aujourd’hui encore, la tradition veut que les candidats aient la possibilité de mettre des affiches dans les rues. Réfléchissons une minute à l’impact d’un tel système. Sur les affiches, on retrouve le visage du candidat, sa couleur politique, un numéro, et si on est chanceux, un slogan. Quelle valeur cela a en termes d’information ? Que sais-je du candidat et de son programme sur base de cette affiche ? De son programme en tous les cas, je ne sais rien. Je peux au maximum savoir s’il est jeune ou moins jeune, blond ou brun, beau ou pas,…


On assimile le candidat à un bien de consommation. Lorsque je vais au supermarché, je n’ai pas besoin de deux heures et des masses d’information pour juger si cette pomme est bien celle que je veux. Je peux normalement me fier à son apparence. Mais qu’en est-il de celui-ci qui est sensé me représenter pendant 4 ans et prendre position sur des dizaines de sujets en mon nom ?


Si l’on veut éviter que les électeurs votent comme ils achètent des pommes au supermarché, il est grand temps de revoir le système des affiches électorales.

Un système discriminatoire et injuste


Une valeur informationnelle minime, un coût environnemental significatif, on pourrait au moins espérer que le système soit juste et équitable pour tous les candidats. Malheureusement, force est de constater qu’il ne laisse que très peu de place aux candidats placés en bas des listes électorales. De plus, imprimer des tracts et des affiches coûte cher et tous les candidats ne peuvent se permettre de telles dépenses. Un système pour les têtes de listes, souvent plus fortunées, c’est bien cela ? En tous les cas, le système ne place pas tous les candidats sur un même pied d’égalité, cela c’est certain.


 


Avec des initiatives comme MYOC, nous tentons de mettre fin à ce système appartenant « au folklore de la politique locale » comme le décrivait Herwig Reynaert au micro de Radio 1 (VRT). Sur notre plateforme, l’information est gratuite en termes financiers et environnementaux. A l’inverse d’autres plateformes comme Facebook, la visibilité du profil de candidat n’est liée à aucune contribution financière. Finalement, l’accent est mis sur la présentation du programme du candidat et non sur son visage. 

MYOC vous offre la possibilité d’entreprendre une campagne zéro déchet, zéro euro, centrée sur l’information. Il suffit juste de la saisir…

Sacha Henet, Co-fondateur de MYOC

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